HILDA

de Marie Ndiaye

« Hilda » est un conte, une fable cruelle, grotesque, drôle et tragique à la fois. Un thriller social, traité entre réel et imaginaire, un miroir implacable dans lequel personne n’oserait se reconnaître. Les personnages peints au scalpel
par Marie Ndiaye nous attirent et nous effraient.

Mme Lemarchand a besoin d’une femme de peine. Ce sera Hilda. Mais il lui faut aussi l’amitié d’Hilda, toute la vie d’Hilda,
et l’illusion d’une égalité possible. Comment supporter, sinon, d’être servie ?
Mme Lemarchand n’a pas l’intention d’exploiter Hilda, ni même de la regarder comme sa bonne.
Mme Lemarchand est une femme de gauche. Elle veut éduquer sa servante, la former à la chose politique, lui apprendre     
à penser. Mais, Mme Lemarchand va se heurter à la résistance d’Hilda, inexprimée mais sourdement hostile.
Cette muette et sotte rébellion, elle fera tout pour la vaincre, pour le bien d’Hilda. Elle aimera sa bonne contre son gré
et tentera de la façonner, de la modeler, éventuellement de l’imiter.

Mise en scène Jean Doucet

Scénographie Benjamin Gibert
Musique originale Nicolas Naudet
Corps et mouvements Odile Azagury
Lumières Mickaël Varaniac-Quard
Costumes Yvane Azagury
Régie lumières Arthur Leduc
Régie générale et plateau Hawa Koné

Avec, Marie Moriette, Jean Doucet, Nicolas Naudet et Clara Marchina

Production Cie Le Théâtre Ouranos
Coproduction avec L'espace Agapit, ville de Saint-Maixent-l'École (79) et le Moulin de l'Étang, ville de Billom (63).
Avec le soutien de la Spédidam et de la ville de Magné (79) et l'aide technique du Moulin du Roc - Scène Nationale de Niort (79) et du Théâtre du Marais Perdu.

INTENTIONS
Il me paraît essentiel de traiter cette pièce non pas dans du réalisme étroit qui ne servirait qu'à constater une situation
précise, sans ouverture possible et sans universalité, mais bien à la manière d'un conte qui manie subtilement les codes
du réel et de l'imaginaire, et qui remplit sa mission de divertissement tout en soulignant les travers de nos sociétés.
La scénographie, les lumières, les couleurs et les costumes sont dirigés en ce sens, comme dans un rêve étrange mené
par des personnages énigmatiques auxquels on finit par ressembler.
Un personnage témoin, musicien aux multiples instruments, homme orchestre, par sa musique, d'abord paisible puis
grinçante et répétitive, participe à l'univers du conte et se présente comme narrateur musical permettant de garder
la distance entre la scène et le réel. Il joue tout au long de la pièce, utilisant des boucles et des nappes, témoignant de
cette dégringolade vers la résignation et créant cette idée de cauchemar qui se joue d'une traite.
Il s'attachera aussi à nous rappeler qu'il est facile de s'endormir face au pouvoir et à la manipulation.
Jean Doucet                                                                                                                                                                                                                               


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Dossier de création

EXTRAITS MUSICAUX


La scéno

Comme pour notre précédent spectacle, la scénographie est travaillée avec et dessinée
par Benjamin Gibert. Je souhaite
une esthétique du conte, du rêve teinté de réalisme déformé, qui soit aussi scénographie des frontières
culturelles et sociales et symbole
de l'envahissement moral.
L’espace ne doit donner aucune indication de lieu précis, d’époque précise, mais il doit parler suffisamment au spectateur pour
qu’il l’appréhende comme un rêve prémonitoire pouvant se jouer dans sa propre vie, au travail, à la maison, en société. Une sorte de monde parallèle mais dont les codes, les postures, l’utilisation nous ramènent à quelque chose de quotidien.

 

Marie Ndiaye est née à Pithiviers, en France, le 4 juin 1967. Elle a fait des études de linguistique à la Sorbonne et a obtenu une bourse de l’Académie de France pour étudier à la Villa Médicis, à Rome. 
Elle publie son premier roman, Quant au riche avenir, aux Éditions de Minuit. Son roman En famille connait le succès lors de sa publication en 1990 et la consécration suit en 2001 avec le roman Rosie Carpe qui lui vaut l’obtention du Prix Femina.
Marie Ndiaye écrit aussi pour le théâtre, notamment Papa doit manger, pièce qui fait partie du répertoire de la Comédie Française. En 2003, elle obtient le Prix Nouveau Talent Théâtre de la SACD. Elle a également publié un recueil de nouvelles, en 2004, intitulé Tous mes amis et trois romans jeunesse La Diablesse et son enfant (2000), Le Paradis de Prunelle (2003) et Le Souhait (2005). En 2009, elle reçoit le Prix Goncourt pour Trois femmes puissantes.